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Portrait du joaillier

Jean Christophe Joaillier
L’architecte des précieux contrastes

L’homme : l’ingénieux architecte du métal

Entrelacement de cercles d’or, manchette en spirale qui ne tient qu’à un fil de métal, ou encore bague volume XXL façon « Mec-Ano »…, Jean Christophe s’est forgé sa culture du bijou et sa solide maîtrise des gestes du métier grâce à une formation classique en bijouterie-joaillerie au Lycée Nicolas Flamel, (aujourd’hui devenue L’Ecole Boulle). Il a commencé à dompter joliment le métal à l’âge de 18 ans.

Dans les années 80, il fait ses premiers pas dans le secteur, au sein d’ateliers parisiens qui créent pour les grandes maisons de la Place Vendôme (à destination de Van Cleef & Arpels, de Bulgari, de Fred,). En 1987, il travaille pour la griffe élégante et chic, Poiray.

Puis, il intègre les ateliers de la maison historique Chaumet, grâce à laquelle il se perfectionne dans l’excellence et l’expressivité des pièces de haute joaillerie. «C’est notamment pendant cette période que j’ai appris à rendre vivant un bijou à travers les pierres. Au sein de la maison Chaumet, j’ai pu appréhender la notion de bijoux de « bestiaire » avec leurs détails infiniment précis», exprime Jean Christophe.

C’est en 1996 qu’il ouvre sa première boutique-atelier dans le Marais à Paris. A l’époque, il montre le geste du joaillier en vitrine, le savoir-faire et tout l’art de façonner le métal. S’affirmant déjà comme une figure importante au début des années 2000, notamment en exposant au salon parisien des Joailliers Créateurs à L’Hôtel Dassault, il ouvre un second point de vente, en 2002, rue des Capucines (Paris 2ème arrondissement). Là, il se place dans le triangle significatif de la joaillerie française, le quartier de la rue de la Paix et de la Place Vendôme, « l’Ecrin des plus belles adresses » dont l’aura brille au niveau international.

Pour Jean Christophe, 2010 est l’année de la confirmation du succès ; il est nommé « Maître d’art » par le ministère de la Culture et de la Communication. Une distinction qui se définit avec des valeurs culturelle, artistique, un titre honorant un professionnel d’excellence, dépositaire d’un savoir-faire. Pendant trois ans le «Maître d’art» prend en charge un jeune dans ses ateliers afin de lui transmettre tous les gestes du métier ; et pas seulement, car pour la joaillerie, cela signifie la maîtrise du dessin du bijou jusqu’à la commercialisation, la budgétisation de la pièce, tout en passant par la maquette en métal, le choix des pierres, etc.

L’œuvre : le bijou féminin et le bijou masculin, des pièces de plus en plus précises

Pour l’ensemble de ses collections, Jean Christophe oscille sans cesse entre deux mondes : l’univers masculin et l’univers féminin, c’est ainsi qu’il parvient à capter les deux esthétiques, si spécifiques et complémentaires. Son œuvre actuelle est d’ailleurs de plus en plus précise concernant le « genre » du bijou. Grande assise du bijou masculin ou sensualité exacerbée de la pièce féminine ? Telle est la question.

On ne se place pas dans le bijou mixte, ni androgyne ; le joaillier approche le bijou masculin avec une vraie sensibilité d’homme et tente de capturer la sensibilité féminine dans sa création dédiée aux femmes. Chaque bijou fonctionne indépendamment, homme ou femme, même s’il existe une réciprocité.

Pour le bijou homme, Jean Christophe fait transparaitre les notions de fort caractère, d’élégance, de solidité ; pour le bijou femme, il laisse s’exprimer les notions de légèreté, de féminité et celle de douceur.

Jean Christophe fait partie des premiers joailliers-créateurs à avoir proposé du bijou sur-mesure pour homme. A chaque profil unique, il suggère pour la pièce sur-mesure, le bon format, le volume, la pierre de centre… les choix esthétiques qui s’adapteraient au mieux au profil du client. Ainsi, il s’inscrit, sur le segment homme, dans une joaillerie pointue, et très « pensée », loin des clichés standardisés et des courants de mode éphémères. Il propose davantage une large palette de pierres fines. Une création beaucoup plus intéressante, car elle est avant tout amorcée par les qualités de la matière précieuse.

Depuis ses débuts, Jean Christophe excelle dans la gestion des pleins et des vides, comme un seul trait qui permet le croquis sur une page blanche. Comment créer des bijoux avec très peu de métal ? C’est ce qui caractérise un peu l’œuvre du joaillier. Il réfléchit à la ligne, à la structure, aux arêtes et à l’architecture de la pièce. Alors que certains créateurs ont une approche de coloriste et voient dans les pierres comme de jolies taches tel un peintre, Jean Christophe, lui, privilégie le travail de la forme.

Pour lui la notion d’échelle attise son processus créatif. Zoomant sur la forme pour étudier le détail ou au contraire, prenant de la hauteur en s’éloignant de l’objet pour apprécier et jauger son allure globale. Alors que certains noms de la joaillerie contemporaine sont inspirés en premier lieu par une pierre précieuse, Jean Christophe part lui du métal. Qu’il soit jaune, blanc ou rouge, l’or ne s’exprime pas de la même façon selon la lumière. Pour Jean Christophe, créer un bijou, c’est notamment l’inscrire dans ce jeu d’ombre et de lumière, ainsi qu’à travers les contrastes d’effet de matières tel que le mat, le poli, l’étincelant, le sablé, le brossé…

Sa philosophie par rapport à la création actuelle

Pour Jean Christophe, la joaillerie contemporaine prône une nouvelle légèreté ; le joaillier doit être capable de créer des pièces à la fois volumineuses et « light »; on abandonne de plus en plus la notion de joaillerie qui paraît cossue. Pour lui, la modernité florissante se traduit par des pièces non ostentatoires. Cela peut être très recherché et rare sans être trop chargé ; il adopte les codes du nouveau luxe. Le bijou se veut généreux sans être pesant ; Jean Christophe concrétise cette nouvelle « légèreté » en imaginant des bijoux structurés, parfois dotés d’un diamètre généreux, en cherchant toujours le juste équilibre pour le poids en métal précieux. Ce qui correspond vraiment à sa quête créative : tenter d’aller à l’essentiel par la forme ou la construction du bijou. Même si le volume est XXL, prenons l’exemple d’une manchette en spirale qui prend vie grâce un fil d’or ponctué de saphirs, le bracelet est ultra léger et se définit par l’antimatière. Chez lui, le bijou déteste le superflu.

Un seul mouvement de métal, comme une ligne précieuse qui ne « forme qu’un », engendrant une grande unité pour le bijou. C’est d’après ces critères que l’on reconnaît tout de suite la griffe de Jean Christophe. Une « façon » qui se définit un peu comme la gestion de la matière et celle de l’antimatière.

 

 

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